Computerized Electoral Systems in Africa





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Ce livre est une réponse aux différentes requêtes publiques venant des acteurs politiques au cours des quatre ou cinq précédentes années par rapport à l’automatisation des systèmes électoraux en Afrique. Il marque la première phase d’une production intellectuelle autour de la problématique de l’automatisation des processus électoraux, du moins de celle relative à l’utilisation de l’outil informatique dans certaines opérations électorales d’un scrutin.

Quels sont les objectifs de cet ouvrage ?

Le premier objectif de cet ouvrage est d’avoir une compréhension des principales questions que peut revêtir une activité d’informatisation d’un processus électoral en Afrique. Cette compréhension passe par une interrogation des expériences passées dans le processus de l’édification des jeunes démocraties africaines, une identification des acteurs et des activités d’un processus électoral, une analyse des lois et règlements qui régissent les scrutins dans un pays africain et enfin un examen des facteurs internes et externes qui peuvent influencer le bon déroulement d’un projet d’informatisation d’un système électoral.

La difficulté essentielle de l’analyse informatique d’un processus électoral résidant dans le fait qu’elle concerne un nombre important d’acteurs ayant des objectifs et ambitions multiples et variés, diverses institutions couvrant un espace contraignant de la dimension d’une région, d’une province ou d’un pays tout entier, la démarche classique de l’analyse informatique d’un système a été oblitérée à cause du caractère public d’une telle œuvre.

Le second objectif de l’ouvrage est de fournir une approche méthodologique pour la mise en œuvre du projet d’introduction des nouveaux outils dans un système électoral : prérequis, étapes nécessaires, chronogramme des activités, intervenants, outils, prise en compte des problèmes de sécurité, etc. Nous montrons par exemple que l’obtention d’un registre électoral national fiable est tributaire de l’existence d’un certain nombre de fichiers administratifs (police, mairie, etc), eux aussi fiables. Aussi longtemps ces derniers resteront corrompus, le registre électoral ne pourra jamais être fiable.

La mise en place du projet d’informatisation d’un système électoral doit tenir également compte des attentes des populations, qui parfois et malheureusement, voient en des nouveaux outils la solution pour l’instauration d’une véritable transparence démocratique. Des espoirs qu’il faut canaliser, car l’outil informatique n’est qu’une technique, qui mise à la disposition des humains, peut servir indifféremment en fonction des ambitions des uns et des autres.

A qui s’adresse l’ouvrage

Ce livre s’adresse à toute personne souhaitant avoir une vision approfondie de la problématique de l’informatisation des processus électoraux en Afrique.

Il vise en premier lieu, les acteurs politiques qui se frottent régulièrement aux différentes opérations d’un scrutin, tels que les responsables des ministères de l’administration territoriale ou de l’intérieur, les hommes politiques, les responsables de la société civile, etc. Il s’adresse aussi à ceux qui sont amenés à proposer des solutions techniques, tels les chefs de projets informatiques, les développeurs des applications informatiques y compris la biometrie, les administrateurs des réseaux, des experts en télécommunications et des statisticiens.

L’automatisation d’un système électoral revêt donc un caractère multidimensionnel, raison pour laquelle cet ouvrage est un concentré de contributions pluridisciplinaires. Au total, il propose une analyse de la question de l’introduction des nouveaux outils dans le processus électoral par une vingtaine d’acteurs et d’experts de disciplines différentes – acteurs politiques, anthropologues, responsables des organisations de la société civile, sociologues, formateurs, informaticiens, politologues, juristes, hommes des médias, experts en télécoms, statisticiens, gestionnaires électoraux – qui donnent chacun, son point de vue sur la question en fonction de sa sensibilité.

Organisation de l’ouvrage

L’ouvrage couvre à la fois des aspects politiques, techniques et organisationnels, socioculturels et juridiques de l’introduction de l’outil informatique dans les systèmes électoraux en Afrique :

  • Le volet politique est relatif à la définition des systèmes électoraux, à l’identification des attentes et besoins des acteurs politiques.
  • Le volet organisationnel et technique identifie les prérequis pour une bonne informatisation des systèmes électoraux et propose des modèles techniques (télécommunications, informatiques, acquisition et traitement des données, formation, etc) appropriés.
  • Le volet socioculturel et juridique recense les ajustements à faire dans le code électoral et dans l’ensemble des outils régissant les scrutins dans un pays. Il essaye aussi d’identifier les retombées sociales liées à l’automatisation des systèmes électoraux en Afrique.

Organisation en parties

A partir de cette trame, l’ouvrage est organisé en quatre parties :

  1. La première partie traite des enjeux politiques et stratégiques de l’introduction des outils modernes dans les systèmes électoraux en Afrique. Les contributions dans cette partie donnent le point de vue des acteurs politiques
  2. La partie II dégage les défis organisationnels et technologiques de l’automatisation des processus électoraux. Quels sont les méthodes et les outils nécessaires et quels protocoles adoptés ?
  3. La partie III traite des aspects juridiques et socioculturels de cette activité. Les jurisprudences africaines intègrent-elles tous les artefacts de droit que fait intervenir l’automatisation des processus ? N’est-il pas nécessaire avant toute chose de combler ce vide juridique ?
  4. La quatrième partie ouvre de nouveaux horizons notamment l’influence qu’auraient les mass médias et les leaders de la société civile par rapport à la nouvelle dimension des démocraties africaines. La mythologie de l’informatique toute puissante, moteur du changement des régimes politiques, qui accompagne la demande des peuples africains peut-elle être canalisée par les hommes de médias et les leaders des organisations de la société civile ? Pourrions-nous écrire ce livre sans donner notre avis sur l’actualité de l’heure en ce qui est de l’introduction des machines dans l’acte de vote ? Le vote électronique est-il d’actualité pour les pays du Sud ? Avons-nous les moyens de cette ambition ?