South African Financial Intelligence Centre: A Model for Africa!

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I am in Pretoria to assist the Financial Intelligence Centre (FIC) in charge of reinforcing the integrity, stability and transparency of South Africa’s financial system. Financial intelligence produced by the FIC is important for law enforcement, revenue agencies, police and others to support their investigations and forfeiture processes. Along with +150 other financial intelligence units (FIUs), the FIC is a member of the Egmont Group, which assists in the exchange of knowledge, expertise and information.

FIUs have a critical role to combat money laundering and the financing of terrorism. Our 10-year evidence based models used by many FIUs in the world were initially designed for African countries. FIC is taking the lead by sponsoring many African countries to adopt international best practices and ensure the safety and security of Africa now and in the future.

I feel humbled and honoured for this opportunity to serve as a technical adviser to FIC !

Reference: https://www.fic.gov.za/Pages/Home.aspx

Greetings to MADIBA, Hello Pretoria !

Nelson Mandela et la nouvelle génération des leaders Africains  (Première partie)

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Je séjourne cette semaine à Pretoria, en Afrique du Sud. J’y suis parti un peu craintif, un peu anxieux. Je suis arrivé le cœur heureux et plein d’émoi au moment où je m’installais à l’hôtel avec une vue imprenable de l’Union Buildings. Les photographies ci-dessous montrent les vues de ce joyau architectural. Ces immeubles, d’une longueur de 285 mètres, construits à partir de grès clair, ont été conçus dans le style monumental anglais par l’architecte Sir Herbert Baker (1862-1946). La première pierre fut posée en novembre 1910, peu après la formation de l’Union d’Afrique du Sud. La construction fut achevée en 1913. Les Union buildings abritent les bureaux du président de l’Afrique du Sud.

Si le terme union fait référence à l’Union de l’Afrique du Sud, il symbolise également la paix et l’union entre les deux populations blanches dominantes, les Afrikaners et les Anglo-sud-africains, divisés par la seconde guerre des Boers. La paix, le monde en a tellement besoin en ce moment !

Ce matin, je suis allé me recueillir auprès du monument de Madiba, une statue géante le représentant, les bras ouverts en signe de réconciliation. L’œuvre est imposante, neuf mètres de haut pour 4,5 tonnes de bronze. Créée par les Sud-Africains Andre Prinsloo et Ruhan Janse van Vuuren, la sculpture est présentée comme la plus grande statue au monde de Nelson Mandela; cet homme que j’admire énormément, mon héros, mon idole. Je ne pouvais pas partir de ce pays sans aller faire mes révérences à ce modèle, le Maître et notre Leader Africain à l’Union Buildings !

Il est assurément difficile de saluer Mandela sans pouvoir faire une introspection de ce que l’on a appris et continue d’apprendre de lui, de son leadership moral et son legs. Mais comment analyser le legs de Nelson Mandela sous une perspective critique en le regardant d’un œil froid et en refusant de partager l’euphorie, la gratitude et la bienveillance intuitives du monde entier à son égard ? Voilà un exercice intellectuel délicat et périlleux.

Périlleux, car on a toutes les chances d’oublier de prendre en compte des aspects essentiels d’un parcours politique aussi riche et varié que celui de l’ex-président sud-africain et figure de la lutte contre l’apartheid Nelson Mandela. Périlleux car on n’est jamais sûr de savoir trouver les mots et l’on risque l’indigestion de bons sentiments. Périlleux aussi parce que l’anaphore est à la mode depuis l’annonce en 2013 de la disparition de Mandela par le Président Jacob Zuma. Périlleux enfin, car cette réflexion est proposée par l’africain que je suis dont le respect de nos traditions ne permet pas d’avoir la distance et la hauteur intellectuelles qu’exige l’exercice.

Nelson Rolihlahla Mandela est mort le 5 décembre 2013, chez lui, à Johannesbourg à l’âge de 95 ans. Il a été inhumé le 15 décembre 2013 à Qunu dans son village natal. Les traditions africaines exigent que l’on laisse les morts reposés en paix. Mais pour une icône mondiale comme Mandela, les dispositions régaliennes et le devoir d’apprentissage l’emportent le plus souvent sur les coutumes. C’est la raison pour laquelle nous avons engagé dans cette série d’articles, une réflexion sur l’héritage protéiforme que nous laisse Madiba.

Alors pourquoi ajouter une analyse de plus aux multiples sorties panégyriques plus hypocrites qu’érudites déjà parues ? Parce que je pense que Mandela incarne les idéaux fondamentaux d’une nouvelle Afrique (un nouveau Monde ?) souhaitée par tous. En considérant Mandela sous trois angles (combat politique, styles de leadership, et gestion de la transition démocratique et des réformes institutionnelles et structurelles), j’espère aider le jeune leadership africain à comprendre la grandeur de cet homme ainsi que sa place dans le processus de prise de décisions politiques présentes et futures pour notre continent.

Le long combat politique de Mandela et les leçons pour l’Afrique

Avec la mort de Nelson Mandela, l’Afrique a perdu le dernier spécimen des combattants de la liberté qui ont marqué de leurs empreintes la vie politique du continent que ce soit avant les indépendances ou après. La jeunesse africaine doit s’inspirer de leur exemple. Leur portrait, leur histoire, et leur vie témoignent en leur faveur et nous procurent une satisfaction indéfinie. Ces grands hommes ont révélé au monde la dimension de la lutte de l’Afrique pour la liberté, la prospérité, l’unité et le développement. Parmi eux, on peut citer notamment, Kwamé Nkrumah, Ras Tafarí Makonnen alias Haïlé Sélassié Ier, Steve Biko, Joseph Ki Zerbo, Patrice Lumumba, Thomas Sankara ou Ruben Um Nyobe.

Nelson Mandela a pris des dimensions d’un mythe car il a su réunir dans sa personne les valeurs de ces figures emblématiques. Ces valeurs de courage politique, d’engagement, d’endurance, de ténacité, de tolérance, de paix, et de justice.

Barack Obama a bien résumé la vie de Nelson Mandela en ces termes : « Né pendant la première guerre mondiale, loin des couloirs du pouvoir, un garçon a soulevé l’élevage du bétail et instruit par les anciens de sa tribu Thembu – Madiba émergerait comme le dernier grand libérateur du 20e siècle. Comme Gandhi, il entraînerait un mouvement de résistance – un mouvement qui à ses débuts a tenu peu de chances de succès. Comme le roi, il donnerait voix puissante pour les revendications des opprimés, et la nécessité morale de la justice raciale. Il endurera un emprisonnement brutal qui a commencé à l’époque de Kennedy et Khrouchtchev, et atteint les derniers jours de la guerre froide. Sortant de prison, sans la force des armes, il serait – comme Lincoln – tenir son pays ensemble quand il a menacé de briser. Comme les pères fondateurs de l’Amérique, il saura ériger un ordre constitutionnel de préserver la liberté pour les générations futures – un engagement envers la démocratie et la primauté du droit ratifié non seulement par son élection, mais par sa volonté de se retirer du pouvoir. »

Madiba mérite encore et toujours qu’on lui accorde cette nième analyse parce qu’il s’est démarqué des leaders africains actuels, cette cohorte structurée, marquée par des intérêts communs, dont les membres partagent la conscience forte et l’entière responsabilité de la gestion catastrophique des Cités africaines des indépendances à nos jours. Car, en suivant la réflexion d’Emmanuel Kant sur l’injustice des générations, il existe malheureusement dans nos pays une asymétrie historique qui marque une inégalité radicale, puisque la Nouvelle Génération hérite, malgré elle, de tout le désordre, la mauvaise gouvernance, la dette, les conflits, que la Génération post-indépendante a accumulé parce qu’elle a vécu dans l’inertie et l’inaction stérile, en pillant les ressources du continent qu’on lui a légué, contractant des dettes pour des plans d’urgence à portée nulle. Notre génération ne mérite pas cette injustice, cette spoliation des aînés au profit des puînés.

Madiba a fait la différence en donnant la liberté à son pays. Oui, le pays est libre, mais le défi de l’inégalité demeure. La pauvreté demeure. Le chômage demeure, et c’est pourquoi le défi à tous en mémoire de Madiba est de s’impliquer plus pour faire ce que Madiba a fait pour son pays et pour le continent. Nous avons besoin d’autres Madiba pour que l’Afrique puisse prospérer.

Union bgds

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