Mon avis sur le nouveau crédit du FMI accordé au Cameroun.

Le Fonds monétaire international (FMI) vient d’accorder un crédit de 666,2 millions de dollars au Cameroun, en échange d’un programme économique à mener sur trois ans pour redresser une économie mise à mal beaucoup plus par la corruption généralisée que par la chute des prix pétroliers.

Les flux financiers du Cameroun entre 1970 et 2008 ont atteint 5,789 milliards de FCFA, selon une étude réalisée par le programme Global Financial Integrity (GIF) du Center for International Policy, publiée en 2010. Ces estimations ont été revues à la hausse en 2011 à 10,000 milliards de FCFA grâce aux travaux de mon ami Léonce Ndikumana et de son collègue James K. Boyce, deux brillants économistes de l’University of Massachusetts Amherst, dans leur ouvrage à succès Africa’s Odious Debts: How foreign loans and capital flight bled a continent. GIF a utilisé le modèle de la Banque mondiale et de la Direction de statistique commerciale du FMI pour calculer ces fuites. Si on tient compte des flux concernant les services et des manques existants (y compris les intérêts bancaires) dans ce chiffrage, la note est plus salée pour le pays.

Les autorités camerounaises ont récemment engagé une série d’activités de recouvrement des avoirs volés afin d’aider au redécollage économique du pays. Des missions d’études ont été menées et des rapports ont été envoyés à la hiérarchie. Il fallait continuer à pousser dans cette direction maintenant qu’il existe des mécanismes internationaux (comme la Loi Lex Duvalier) pouvant nous aider. La voie du FMI est sans issue et va augmenter les souffrances des Camerounais au regard des conditionnalités associées à ce crédit à travers plusieurs mesures d’élargissement de l’assiette fiscale ! Le camp de l’immobilisme a encore gagné, dommage !