Kemi Seba, le franc CFA et le BitAfric !

Le président de l’ONG Urgences Panafricanistes, Kemi Seba, a été placé sous mandat de dépôt vendredi soir, à la prison centrale de Rebeuss, au terme d’une journée de garde à vue devant les enquêteurs de la Division des investigations criminelles. Il lui est reproché d’avoir brûlé un billet de 5000 FCFA lors d’un rassemblement, le 19 août à Dakar. Poursuivi pour avoir enfreint les dispositions du code pénal sénégalais, il encourt une peine de 5 à 10 ans de prison. Son procès va s’ouvrir ce 29 septembre 2017, mais en attendant l’affaire a enflammé la toile entre les soutiens et les détracteurs de celui qui fait désormais figure d’icône de la contestation du franc CFA en Afrique.

Le débat sur notre monnaie commune n’est pas nouveau. L’incarcération de Kemi Seba, constitue un épisode d’une polémique entre ses partisans et ses adversaires. Depuis l’indépendance des pays africains, plusieurs chercheurs ont analysé les problèmes de développement de nos pays. Pour expliquer les maux dont souffre l’Afrique, plusieurs ont identifié le rôle de facteurs exogènes. Des réflexions et actions ont été menées sur la responsabilité du système économique et monétaire africain dans la perpétuation du sous-développement.

Les Africains dénoncent le FCFA et la zone franc dont la gestion et les principes servent les intérêts français. En effet, la zone franc englobe donc aujourd’hui quinze pays dont huit pays d’Afrique de l’Ouest, six pays d’Afrique centrale et les Comores. C’est une organisation financière, monétaire et économique, dont le cœur est la France et l’instrument principal le franc CFA. Cette organisation, gérée par la France, s’appuie sur des institutions africaines : la BCEAO, la BEAC, et la BCC. Le système franc CFA est basé sur quatre grands principes : la centralisation des réserves de change au Trésor public français, la fixité de la parité franc CFA/euro, la libre convertibilité du franc CFA à l’euro, et la libre circulation des capitaux entre la France et les pays africains de la zone franc. A ces principes s’ajoute la participation française aux instances de direction des banques centrales africaines, pièce maîtresse du système CFA puisqu’elle garantit l’application sans faille des quatre principes précédemment cités.

Depuis des décennies, les Africains se battent pour changer la gouvernance de la zone franc. Certains en sont morts. Il est temps de changer de stratégies avec des solutions alternatives à cette problématique du FCFA. Puisque les crypto-monnaies (Bitcoin, Monero, Cash, ou Dash) et les technologies annexes qui gravitent autour sont en passe de bouleverser le secteur de la finance, pourquoi ne pas y investir tous nos derniers efforts pour contourner le FCFA ? Selon le dernier rapport du cabinet américain « Research and Markets », le marché mondial de la technologie des crypto-monnaies et du Blockchain enregistrera une croissance de 35,2% au cours de la période 2016-2022.

Adoptons le BitAfric dont la nature numérique se passera des banques centrales et des opérateurs financiers ! En effet, les transactions restent totalement anonymes, l’historique des transactions est assuré par le Blockchain, une technologie de stockage et de transmission d’informations, transparente, sécurisée, et fonctionnant sans organe central de contrôle. Le système BitAfric nous permettra aussi de supprimer une bonne partie du coût des transactions. Bien plus, les blocages suivants tant décriés seront levés : la question de souveraineté des États africains de la zone franc ; la libre convertibilité FCFA/euro et la libre circulation des capitaux ; la participation française à la gestion des banques centrales africaines, ou la centralisation des réserves de changes.

L’affaire Kemi Seba porte un mauvais coup à l’image du Sénégal car elle s’étend désormais au-delà des frontières de ce pays. Nous exhortons les autorités sénégalaises de le libérer. Activistes Africains et sympathisants du « Kemi Seba Challenge », arrêtez de brûler les billets de FCFA et de poster les images sur les réseaux sociaux. Engageons dès maintenant une réflexion sur la mise en œuvre du BitAfric. Car c’est ça le vrai combat !

Dark/Deep Web Dirty Activities: New Frontiers, New Methods!

There are increasing demands to enrich tactical and strategic analyses with virtual currencies (VCs) or crypto currencies (CCs) transactions. VCs/CCs are gaining prominence as a medium of exchange. They have several benefits like very low transaction cost, fungibility, etc. In recent years, VCs/CCs have emerged and attracted investment in payments infrastructure built on their software protocols. These payments mechanisms seek to provide a new method for transmitting value over the internet.

But VC/CC payment products and services present money laundering and terrorist financing (ML/TF) risks and other crime risks that must be identified and mitigated and are also identified with their use in crimes, illegal activities and speculation in the Dark/Deep Web. In fact, the Dark/Deep Web has been mostly used by anti-social elements for illegal activities. Recruitment to terrorist organizations, drug smuggling, gun running, the sale of blood diamonds, illegal and banned substances, piracy, money laundering, human trafficking, etc. are all facilitated by the Dark/Deep Web.

It is imperative to provide conceptual and practical architectures to mitigate the various risks associated to internet-payment systems (VCs/CCs). Waiting is not an option anymore!

Reflections from the recent terrorist attacks in Barcelona!

Regards sur l’informatisation du système électoral camerounais: Article publié en Août 2004 dans le journal Le Messager “Sous la chronique d’Alain Nkoyock”

S’il y a un sujet qui anime continuellement l’actualité au Cameroun ces derniers mois, c’est bien celui relatif à l’informatisation du processus électoral avant la prochaine élection présidentielle, prévue en octobre 2004. La revendication a atteint son apogée avec les fameuses « marches de Mardi », organisées par la Coalition pour la réconciliation et la reconstruction nationales (Cnrr). Mais, dans ce débat, il ne faut pas se tromper. L’enjeu n’est pas uniquement lié à la prochaine élection présidentielle, comme semble le soustraire l’opinion publique. Au-delà de la dimension politique liée à cet exercice, les contraintes identifiées pour l’informatisation du fichier électoral, qui n’est qu’un document parmi les milliers de fichiers administratifs susceptibles d’être automatisés et interconnectés, vont se répéter de manière récurrente, tout au long de l’odyssée vers une administration électronique camerounaise citoyenne. Il est donc impératif dès maintenant que chacun s’informe, réfléchisse et agisse pour que cette administration électronique soit effective au Cameroun.

Par le hasard du calendrier et à cause des passions liées à tout débat politique, un ouvrage et quelques contributions dans les médias nationaux – compilées avec maestria par les techniciens de Camerounlink.net –, permettent de saisir l’ampleur du problème.

La première est signée du documentaliste Victor Kamto. Dans sa contribution très controversée du 08 juillet 2004, L’informatisation du fichier électoral est un leurre, Victor Kamto a montré le lien très étroit entre le fichier électoral et divers autres documents administratifs, à l’exemple des faits d’état civil, le certificat de nationalité, la carte d’identité nationale, le certificat de domicile, etc. Au-delà de la conclusion un peu hâtive de Kamto et un argumentaire contradictoire, qui lui ont d’ailleurs valu des critiques assez acerbes de la part de la communauté des informaticiens camerounais notamment ceux de la diaspora, cet archiviste documentaire a senti que le registre électoral n’est qu’une source de données secondaire et que la non viabilité des données d’un système électoral provient de la quasi impossibilité de la maîtrise par les autorités des évolutions démographiques dans le pays.

Le papier, C’est une opération simple, du 16 Juillet 2004 de Félix Pene, spécialiste des nouvelles technologies,  tout en s’offusquant des conclusions de la sortie de Kamto et donc en supportant et en simplifiant l’opération de l’informatisation du fichier électoral, indique que si le fichier de la carte d’identité nationale informatisée est fiable, il devrait permettre de faciliter au-delà du fichier électoral, le fichier sécuritaire, sanitaire et même démographique du pays. Même si nous ne sommes pas d’accord avec les éléments discriminants identifiés par Félix Pene qui permettent de distinguer le fichier électoral des autres, à savoir l’aire géographique à couvrir et la quantité des données à saisir dans la base de données ; et même si nous sommes beaucoup moins d’accord avec ses solutions conceptuelles, son article a le mérite de dire que l’informatisation du fichier électoral répond au même schéma que l’informatisation de tout type de fichier. D’ailleurs, on n’est pas obligé d’adhérer à sa réflexion pour l’apprécier.

Le président Saidou Maïdadi Yaya, de l’Alliance des forces de progrès (Afp), tout en s’inquiétant, le 20 Juillet 2004 dans Biya veut repousser la présidentielle, des conditions de l’authenticité et de la sécurité des données à saisir dans le système automatisé — deux obstacles dont les solutions sont politiques et techniques–, pose deux problèmes fondamentaux : (i) l’institution chargée d’informatiser le fichier électoral : qui doit informatiser ? (ii) l’informatisation des listes électorales doit être intégrée au recensement général de la population. Laissons de côté le débat de la gestion du processus électoral par un organe indépendant et de la capacité opérationnelle de ce dernier à gérer un projet si complexe comme celui lié à l’informatisation du fichier électoral. Laissons tout aussi de côté le débat sur le suffrage obligatoire ou l’électorat-droit cher au Pr. Mouelle Kombi, qui réglerait selon lui en partie le problème d’inscription sur les listes électorales. Les questions soulevées par le président Yaya, relancent le débat de l’opérationnalisation d’une agence, comme l’Agence nationale des Ntic (Antic), censée coordonner le processus d’appropriation des technologies de l’information et de la communication au Cameroun et de s’assurer de l’interopérabilité des systèmes informatiques.

L’argumentaire du ministre d’Etat chargé de l’Administration territoriale et de la décentralisation, Marafa Hamidou Yaya, à l’émission « Dimanche Midi » de la Crtv du 11 juillet dernier, était essentiellement basé sur la difficulté de mobiliser les ressources financières qu’exige le projet d’informatisation du fichier électoral. Ce n’est pas nouveau, on le sait. Mais il est allé, cette fois, plus loin. Le Minatd, en s’appuyant de manière sélective il est vrai, sur l’un des succès de librairie de ces cinq derniers mois, l’ouvrage collectif que j’ai eu l’honneur de diriger, comprend que l’informatique doit être considérée comme un catalyseur des changements organisationnels.

Cet ouvrage, qui traite des questions de l’informatisation des systèmes électoraux africains, et dont les exemples sont en majorité liés au processus électoral camerounais, montre que le Cameroun ne sera une cyber-société que quand les solutions aux problèmes seront pensées de manière globale, suivant un plan défini, un échéancier clair et non sur un base ad hoc.

Auteur (sous la direction) de l’ouvrage intitulé : « Problématique de l’informatisation des processus électoraux en Afrique », L’Harmattan, 379 pages, 16×24, Avril 2004, 31€.