L’art de la négociation : L’Accord sur le nucléaire iranien et les leçons pour l’Afrique !

Ces derniers temps, nous sommes tous témoins des applications extrêmement réussies de la théorie du jeu d’échecs dans les négociations internationales. Le Président Putin l’a récemment démontré, avec un certain brio, pour desserrer l’étau, au moins provisoirement, sur le régime syrien dans la crise que traverse le pays. Le Président iranien, Hassan Rouhani et son ministre des Affaires étrangères Javad Zarif, viennent de prouver la nuit dernière à Genève, une fois de plus, la force du leadership transactionnel dans les négociations sur l’accord de leur programme nucléaire.

Le jeu d’échecs dans les relations bi- ou multilatérales, l’histoire ancienne d’une idée neuve ! Voilà ce qui nous manque en Afrique, le leadership transactionnel, l’art ou la science de la négociation et le courage qu’exige le processus.

La négociation est un processus où deux ou plusieurs parties recherchent un agrément pour établir ce que chacun doit prendre ou donner ou réaliser ou recevoir dans une transaction. Chacune de ces parties à des intérêts divergents et convergents, une information incomplète et des positions qui sont modifiables par l’influence.

En Afrique, a-t-on souvent connaissance de nos intérêts ? Avons-nous l’audace de les défendre quand on en a connaissance ?

La négociation elle-même n’est qu’un moment d’une stratégie plus large. La négociation demande, comme le jeu d’échecs, à être inscrite dans une suite de mouvements qui sont recalculés à chaque action. L’art de la négociation est aussi celui de l’anticipation.

L’accord sur le nucléaire iranien n’est qu’un accord intérimaire, dit-on, mais il n’en est pas moins historique : les « 5+1 », membres du Conseil de sécurité de l’ONU et l’Allemagne, ont trouvé dans la nuit du samedi au dimanche 24 novembre un accord avec Téhéran pour mettre un frein au programme nucléaire iranien favorisant ainsi le retour de l’Iran sur la scène internationale.

A l’aube des « Trentes Glorieuses » de l’Afrique, Il y a urgence d’un nouveau type de leadership transactionnel fait de courage et de techniques de négociation comme ceux exhibés par Zarif la nuit dernière à Genève. La gestion du legs colonial du FCFA est à mon avis le premier test majeur pour des Africains qui veulent se hisser au niveau des Putin, Rouhani ou Zarif.

Pourquoi le FCFA ? Mais parce que la monnaie utilisée actuellement par quinze pays africains de la zone Franc (PAZF) est une propriété à part entière de la France qui en contrôle naturellement les mécanismes de fonctionnement dans le sens de ses intérêts légitimes.

Il ne faut pas se leurrer : tant que la mainmise de la France sur les économies des PAZF à travers le FCFA n’est pas réduite, l’Afrique n’aura aucune chance en 2050 de réaliser son ambition « de créer une zone économique dynamique, diversifiée et compétitive avec une évolution démographique supérieure à celle de la Chine ou de l’Inde, trois fois supérieure à celle de l’Europe, un potentiel en ressources naturelles du sous-sol qui sera à l’origine d’investissements, et que des sociétés africaines pacifiques, stables et dynamiques ne connaîtront plus l’extrême pauvreté. »

Le leadership transactionnel africain, c’est maintenant !