Lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme en Afrique centrale : la place du GABAC et des ANIFs

beacceJ’ai participé la semaine dernière à Yaoundé (Cameroun), aux travaux de la Commission technique et la Plénière statutaire du Groupe d’Action contre le Blanchiment d’Argent en Afrique centrale (GABAC) auxquels prenaient part toutes les cellules de renseignements financiers (CRFs) encore appelés ANIFs et les Ministres des États membres de la CEMAC en charge des Finances, de l’Intérieur, de la Sécurité, et de la Justice.

Mis en place en décembre 2000, le GABAC est un organe de la CEMAC charge de la promotion des normes, instruments et standards de lutte anti blanchiment et contre le financement du terrorisme. Les missions du GABAC sont de protéger les systèmes bancaires et financiers des pays de la CEMAC des atteintes liées au blanchiment (en harmonie avec les dispositions y relatives de la COBAC) et mettre en œuvre les principes, recommandations et normes internationales de coopération de lutte contre le blanchiment, notamment le Plan d’Action contre le blanchiment des Nations Unies et le Plan d’action du Groupe d’action financière (GAFI).

Même si beaucoup reste à faire dans ce domaine précis, il est encourageant de voir enfin des avancées du GABAC au plan institutionnel mais aussi dans l’exercice de ses missions dans cette période de grande incertitude que connait la sous-région.

Toutefois, les actions du GABAC ne seront bénéfiques qu’avec des ANIFs opérationnelles. L’industrie du blanchiment d’argent et du terrorisme est de plus en plus sophistiquée dans ses modes d’action, ses projets et son épaisseur économique. Les ANIFs actives devraient aider les États de la Communauté à cerner les sources, les stratégies de mobilisation, de circulation et d’utilisation des ressources par ces groupes criminels.