Témoignage de Mr. Ted Nkodo Foumena aux obsèques de Mr. Valentin Ndi Mbarga, le 25 juillet 2015

Monsieur le Préfet du Nyong et Sô’o, Représentant Personnel du Chef de l’Etat,
Messieurs les Ministres,
Monsieur le Vice-président de l’OACI
Leurs Majestés les Chefs Traditionnels,
Mesdames et Messieurs, en vos rangs et grades respectifs,
Chers Parents.

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En ce jour mémorable, où nous accompagnons à sa dernière demeure cette immense personnalité et ce grand patriote qu’était Valentin Mbarga Ndi, qu’il me soit tout d’abord permis d’exprimer ma profonde gratitude à la Famille Mbarga Ndi, qui a bien voulu me solliciter pour prendre la parole ici, pour dire quelques mots sur mon frère et ami de trente ans.

Je saisis cette occasion solennelle pour exprimer à nouveau mes sincères condoléances à son épouse Huguette et leurs enfants, ainsi qu’à toute la famille éplorée.

Que dire de Valentin ?

Je fais la connaissance de Valentin en 1986, à son arrivée au Fonds monétaire international (FMI). J’étais alors moi-même  à la Banque mondiale (BM), et Doyen de l’Association des Cadres Camerounais au sein des Institutions de Bretton Woods. Notre  amitié fut si spontanée et attachante que, durant près de vingt ans, d’abord à Washington, puis à Abidjan et Tunis où nous nous sommes retrouvés tous deux à la Banque africaine de développement (BAD), nous n’avons pas passé un mois sans nous parler ou sans déjeuner ensemble. Par la suite, bien que séparés à cause des contraintes professionnelles, nous avons gardé des contacts permanents, jusqu’à sa tragique disparition, il a quelques semaines.

Qui était Valentin ?

Au risque de me répéter, je dois dire que Valentin était d’abord pour moi, un jeune frère et un ami, en qui j’avais total confiance, et qui m’a toujours été d’un grand conseil et grand appui.

Brillant intellectuel, on ne s’ennuyait jamais en compagnie de Valentin. Au contraire, tout échange avec lui était occasion d’enrichissement. Très cultivé, Valentin était à l’aise dans tous les domaines. C’était une véritable bibliothèque vivante, auprès de laquelle collègues et amis venaient tirer informations et données de première main.

Ces qualités  ont fait de Valentin un professionnel hors pair, dans sa spécialité traduction et interprétariat. Sa carrière riche et variée, dans les plus grandes institutions mondiales, en fait foi. A titre d’illustration, je puis  témoigner ici que durant son séjour au FMI, le Directeur Général de cette institution ne se déplaçait jamais sans Valentin dans sa délégation.

Mieux encore, alors qu’il était  en poste au FMI, la Banque mondiale réclamait ses services chaque fois que le Président de cette institution recevait un Chef d’Etat. Enfin, à la Banque africaine de développement, il arrivait souvent que le Président préfère les textes traduits par Valentin, aux discours préparés par ses services compétents.

Bien  qu’ayant fait toute sa carrière dans  la Fonction Publique internationale, Valentin était resté très attaché à son pays, le Cameroun.

Viscéralement patriote, il ne manquait aucune occasion pour mettre en valeur le Cameroun, ou lui rendre service, lorsque cela était possible.

Ceci explique son engagement actif dans les efforts de la diaspora camerounaise à mieux se structurer pour se mettre au service de la Nation.

Sous ce chapitre, sa contribution multiforme et magistrale à l’ouvrage collectif intitulé ‘Diaspora Camerounaise : en dehors de l’Etat, au sein de la Nation’’, paru il y a quelques mois, est un véritable testament dédié à la prospérité, fidèle en cela à la sagesse Beti qui dit

‘’ Zok ékéle,elig metin’’.

C’est le lieu de souligner que, par-dessus tout, Valentin était d’abord un digne fils Beti, et avait pris soin de s’imprégner de sa langue et de sa culture. Il s’est fait un devoir, partout où il a séjourné, de s’impliquer dans l’organisation des Betis en association de solidarité, veillant  spécialement  à  promouvoir  l’initiation des enfants à la langue et à la culture Beti. Rassembleur, il a toujours été disponible pour sa communauté, et  également très ouvert aux autres  cultures traditionnelles toutes les régions du Cameroun.

Je ne saurais terminer sans témoigner de la fidélité et de la sincérité de Valentin en amitié, qualités qui lui ont permis de compter de nombreux amis au Cameroun et à travers le monde.

Je puis dire que nous aurions certainement eu ici une bien plus large présence de délégations étrangères et de la diaspora, si le programme avait été connu et communiqué suffisamment à l’avance.

De tout ce qui précède, vous comprendrez, Mesdames et Messieurs, que je prenne la liberté de recommander à vos prières, cet homme remarquable dont nous pleurons la disparation subite.

Certes, comme tout homme Valentin n’était pas saint, mais puisse le Seigneur, dans sa miséricorde incommensurable, lui accorder sa félicité éternelle.

Merci pour tout, Valentin, et repose en paix!!

Merci pour votre attention.

Théodore NKODO FOUMENA
Ancien Vice-Président
Banque africaine de développement