ANIFs, CENTIFs, … et l’impact des CRFs dans la lutte contre le terrorisme en Afrique !

Je viens d’assister à la 23ème réunion plénière du Groupe Egmont des Unités d’intelligence financière (UIFs) ou cellules de renseignements financiers (CRFs) qui se tenait du 08 au 12 juin 2015 dans la ville de Bridgetown à La Barbade. La Barbade (en anglais: Barbados) est l’île la plus orientale de l’archipel des Antilles, entre la mer des Caraïbes et l’océan Atlantique. Cette île, qui fut découverte par les Britanniques en 1625, se situe à l’est de Saint-Vincent-et-les-Grenadines, dans les Îles-sous-le-Vent, au sein des Petites Antilles.

Le pays a comme voisin au nord la Martinique et au sud la Grenade. L’île a une longueur de 34 km et une largeur maximale de 23 km, pour une superficie totale de 430 km². La Barbade est donc l’un des plus petits pays du monde avec Andorre (468 km²), Antigua-et-Barbuda (442 km²), Saint-Vincent-et-les-Grenadines (389 km²), la Grenade (340 km²), l’île de Malte (316 km²) et les Maldives (300 km²).

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C’est dans la capitale de la Barbade, à Bridgetown, (dans la paroisse de St. Michael) au sud-ouest (population: moins de 8000 habitants), que se tenait cette réunion de toutes les cellules de renseignements financiers au monde. Les discussions sur la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme n’aiment pas, comme l’argent, le bruit…sauf bien sûr le bruit de la mer, la piaillerie des mouettes et les sons des ondes se brisant sur les pierres. Les plages de ce pays me rappellent étrangement celles de Kribi au Cameroun, une sensation de liberté, de sérénité, de repos, de gaieté, de beauté, de l’été et de la vie. Elles me rappellent aussi qu’à partir de 1644, les marchands hollandais fournirent aux colons Anglais de la Barbade la main-d’œuvre nécessaire pour développer leurs plantations. Ces esclaves sont venus de la Sierra Leone, de la Guinée, du Ghana, de la Côte d’Ivoire, du Nigeria et du Cameroun !

Le Groupe Egmont fête ses 20 années d’existence. Ce forum international, créé en 1995 à l’initiative de la CTIF (Belgique) et de FinCEN (Etats-Unis), réunit, au niveau mondial, les services chargés de recevoir et de traiter les déclarations de soupçons de blanchiment et de financement du terrorisme.

Les cellules nationales de renseignements financiers (CRFs) de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement des activités terroristes jouent un rôle clé dans la lutte contre le crime organisé et le financement du terrorisme à l’échelle internationale. Avec la mondialisation et l’avancée des technologies de l’information et de la communication, la complexité et l’ampleur des renseignements financiers que les CRFs doivent communiquer continuent de croître. Les réseaux de blanchiment d’argent ou de financement d’activités terroristes sont de plus en plus complexes. Chaque année, certaines de ces unités communiquent un nombre important de cas d’envergure, incluant notamment des transactions évaluées à des millions de dollars. La valeur totale des opérations communiquées pouvant être pertinentes à une enquête ou à une poursuite pour blanchiment d’argent ou financement d’activités terroristes.

La production de renseignements financiers repose sur deux facteurs essentiels : une bonne base de données nationale de renseignements et des nouveaux programmes sophistiqués d’exploration et d’analyse de base de données. Un investissement permanent et continu en outils de gestion de l’information à la fine pointe de la technologie pour extraire et analyser des données importantes permet aux CRFs de réaliser des bénéfices de taille et demeure le principal moteur de leur travail.

C’est dire que les réunions annuelles du Groupe Egmont permettent de développer la coopération internationale pour l’échange d’informations à travers les CRFs, et de promouvoir l’autonomie opérationnelle des structures de lutte contre les crimes organisés. Pour faire partie du groupe, il faut avoir un dispositif juridique et institutionnel opérationnel et jugé exemplaire en matière de lutte contre le blanchiment et la criminalité transfrontalière. Le Groupe Egmont compte actuellement 151 membres comme l’indique la liste des membres sur son site web.

Comme dans d’autres secteurs stratégiques nationaux, la majorité des gouvernements africains  tardent à saisir l’impact de la production de bons renseignements financiers et leur sécurisation dans le cadre de la lutte contre la corruption, le trafic des drogues, le blanchiment d’argent ou le financement du terrorisme. Les lois relatives à la lutte contre le blanchiment de capitaux sont les réponses nationales à la mobilisation internationale, réaffirmée par la volonté clairement traduite au plan sous-régional ; par exemple, le Groupe d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique centrale (GABAC) et le Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’ouest (GIABA) s’avérant très insuffisants à la mobilisation requise.

Le rapport du panel de haut niveau,  présidé par Thabo Mbeki, indique qu’entre 1970 et 2008, quelques 854  milliards de dollars ont quitté le continent de manière “illégale”, montant qui représente un peu moins de  l’ensemble de l’aide publique accordée à l’Afrique entre 1960 et 2000, selon l’économiste zambienne Dambisa Moyo.

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Pourtant, les communautés économiques régionales ont mis en place des organismes sous-régionaux qui visent la mise en place harmonisée et concertée des mesures appropriées à la lutte contre le blanchiment de l’argent, le terrorisme et des produits du crime, l’évaluation des résultats de l’action et de l’efficacité des mesures adoptées, l’assistance des États membres dans leur politique de lutte contre le blanchiment et la collaboration avec les structures similaires existant en Afrique et au niveau international. Ces organismes entendent protéger les systèmes bancaires et financiers des pays et de leurs sous-régions respectives des atteintes liées au blanchiment et au terrorisme, et mettre en œuvre les principes, recommandations et normes internationales de coopération de lutte contre le blanchiment, notamment le Plan d’action contre le blanchiment des Nations Unies et le Plan d’action du Groupe d’action financière sur le blanchiment de capitaux (GAFI).

Il est quand même regrettable de noter que la mise en place de ces organismes et leurs actions d’harmonisation et de concertation des mesures appropriées à la lutte contre le blanchiment de l’argent et le terrorisme n’aboutissent pas nécessairement à la croissance organisationnelle et à une technologisation des opérations des cellules nationales de renseignements financiers (CRFs). Voilà, à mon avis, la principale raison du peu d’impact des CRFs dans la lutte contre le terrorisme en Afrique !

Kurzbiographie von Dr. Alain Nkoyock

Dr. Alain Nkoyock ist Vorsitzender der Organisation Nkom (welche die Entwicklung kamerunischer Dörfer unterstützt) und Gründer von Think Tank CABAC (welche die Verwendung von Humankapital aus der Diaspora in die Entwicklung Afrikas fördert).

Dr. Nkoyock arbeitet seit 17 Jahren erfolgreich für die Vereinten Nationen als:

–   Leiter der IT-Systeme der Wirtschaftskommission der Vereinten Nationen für Afrika (ECA) in Zentralafrika

–   IT Regionalkoordinator subregionaler Büros der ECA in Afrika

–   Technischer Leiter des Projekts der Europäischen Union mit dem Ziel die Regierung Nigerias bei der Bekämpfung von Korruption, Geldwäsche und Terrorismus zu unterstützen

–   IT-Chef und Leiter von Projekten hinsichtlich technischer Unterstützung der Mitgliedstaaten im Rahmen der Bekämpfung von Korruption, Drogen, Geldwäsche und Terrorismus im Büro der Vereinten Nationen in Wien und im Büro der Vereinten Nationen für Drogen- und Verbrechensbekämpfung

–   Co-Präsident der Architecture Review Board des Sekretariats der Vereinten Nationen zuständig für die Entwicklung einer Roadmap in einem Zeitraum von fünf Jahren (2013-2018).

Alain Nkoyock hat einen Doktortitel in Management von der Universität Phoenix (Arizona, USA), einen Master in Informatik und einen Bachelor in Mathematik. Er ist Autor und Koautor mehrerer Modelle und technologischer Rahmenbedingungen in den Bereichen der Bekämpfung von Korruption und organisierter Kriminalität; vieler technischer Berichte über die Verwendung von Technologien für die Entwicklung; und sieben Bücher in den Bereichen Regierung, Entwicklung, regionale Integration, den Einsatz von Technologien in Afrikas Wahlsystemen, Diaspora und Entwicklung sowie Informationstechnologien für die Entwicklung.

Dr. Nkoyock veröffentlicht regelmäßig Kolumnen in verschiedenen internationalen Zeitungen. Er ist Mitglied mehrere wissenschaftlicher Netzwerke und Gutachter zahlreicher Fachzeitschriften und internationaler Konferenzen. Des Weiteren ist er Dozent an verschiedenen Universitäten und wird oft von nationalen und internationalen Medien eingeladen.

Seine Kolumnen stehen in seinem Blog und auf seiner Website zur Verfügung (blog.nkoyock.net and nkoyock.net).