Bonne nouvelle en provenance de la Tunisie !

Le 26 janvier dernier, j’ai eu le plaisir d’apprendre la bonne nouvelle…

Une bonne nouvelle en provenance de la Tunisie, relative à la nomination du Professeur Hakim Ben Hammouda, au poste de  Ministre de l’économie et des finances au sein du gouvernement de technocrates mené par le Premier ministre Tunisien Mehdi Jomaa.

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Je connais personnellement cet illustre et éminent Professeur depuis 2001, alors à l’époque, Directeur du bureau sous-régional de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA) à Yaoundé.

Hakim Ben Hammouda est un intellectuel connu, talentueux et rigoureux. Un meneur d’hommes, et un modèle pour tout jeune africain ayant eu la chance de le côtoyer. À ses côtés, j’ai beaucoup appris sur les valeurs et l’intérêt du travail en équipe, l’humilité, le respect de son interlocuteur, la gestion des hommes, et essentiellement sur l’apport d’une bonne communication écrite et orale.

Hakim m’a aidé à découvrir ma plume, mon style littéraire et surtout ma passion face à l’exercice. Il a révélé le germe de l’écriture enfoui en moi et qui probablement, sans lui, aurait pu n’apparaître que très tardivement ou ne jamais voir le jour.

Rousseau n’a compris qu’à quarante ans qu’il était écrivain. H. de Balzac a cherché sa voie pendant des années en faisant du roman d’aventures. Apprendre à écrire un livre dit-on, commence toujours par la lecture d’un bon bouquin. En ce qui me concerne, j’ai appris à écrire en m’associant à la rédaction de quelques ouvrages dirigés par Hakim.

Voir >> « Problématique de l’informatisation des processus électoraux en Afrique : cas du Cameroun » dont l’un des préfaciers est Hakim Ben Hammouda.

La nomination de Hakim Ben Hammouda au Ministère de l’économie et des finances de son pays est une décision extrêmement encourageante car elle montre comment un pays se doit de mobiliser le capital humain, à un moment clé de son histoire, afin de créer cet hybridisme innovant capable d’engager des réformes indispensables au développement et à la prospérité.

Lire aussi >> “Restaurer la confiance”, la mission de Hakim Ben Hammouda en Tunisie

Lui qui faisait récemment «quelques commentaires sur le budget 2014 et la misère de la pensée économique post-révolution» le voilà désormais bien servi, le pied mis à l’étrier. Sa nomination comme ministre de l’économie et des finances apporte un grand espoir à la Tunisie afin d’être en mesure d’engranger sur le plan économique, les dividendes d’une image politique positive pour pouvoir faire le plein en termes d’investissements directs étrangers et d’ouverture commerciale sur ses produits. Voilà de quoi offrir des opportunités d’emplois à cette jeunesse instruite et moderne, fer de lance de la révolution !

Monsieur le Ministre de l’économie et des finances, sachez que cette jeunesse de par le monde, se tient désormais à vos côtés et vous apporte son soutien indéfectible dans le cadre de vos nouvelles prérogatives afin de mener à bien votre mission.

Bonne chance!

CHARLES ATEBA EYENE, RÉVOLUTION 2.0 !

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Charles Ateba Eyene est mort hier Vendredi 21 février 2014 au Centre hospitalier universitaire de Yaoundé, suite d’une insuffisance rénale.

OUI, la mort a encore frappé et a pris sur son chemin un jeune valeureux combattant tombé sur le champ de bataille. Porté par des convictions profondes, fortes et solides, Charles Ateba Eyene s’était engagé dans le combat politique et idéologique dans l’intérêt collectif de la nation mais surtout en pensant à cette jeunesse camerounaise pour qui ce combat mérite d’être mené avec hargne et rigueur.

Ateba Eyene ne craignait point la mort et n’hésitait pas à le rappeler à tous ceux qui souhaitaient l’entendre. D’ailleurs, à ce propos, ses combats politiques et idéologiques au sein de son parti et contre les réseaux mafieux de la République qu’il dénonçait en permanence en témoignent.

Charles Ateba Eyene lègue comme héritage à la jeunesse camerounaise : travail, bravoure, éthique et sens de la justice. Il avait décidé d’aborder fièrement l’éloquence et la profondeur des mots contre les armes et un système qui ne reculerait devant rien pour imposer sa loi au peuple. Au cœur de cette éloquence se trouvait un homme et pas des moindres car sa complexité laissait certains dubitatifs, voire perplexes sur la forme de la méthode. Ce qui est sûr, il ne laissait personne indifférent car son combat était juste.

Observons le graphique ci-dessous: c’est l’historiographie du Cameroun avec plusieurs étapes importantes  :

pensee patrotique au Cameroun - revolution 2.0

  1. La période du protectorat allemand, du 12 juillet 1884 au 4 mars 1916.
  2. L’invasion suivie de l’installation des administrations française et britannique, du 4 mars 1916 au 1er janvier 1960 et au 1er octobre 1961. Cette période est aussi marquée par la révolte face à la brutalité allemande, et à partir de 1916, de la révolte face à la division de la patrie kamerunaise par les franco-britanniques et des brimades telles que l’impôt de capitation, l’absence de droits humains et politiques.
  3. 20 juillet 1922 : le placement du Kamerun sous mandat de la Société des Nations.
  4. Août 1944 : tournant majeur dans l’histoire du pays et de sa lutte politique. Cette année-là, les Camerounais ont acquis le droit syndical, à la faveur d’un décret de René Pléven, Commissaire aux colonies de Charles de Gaulle.
  5. En 1960 et 1961, l’indépendance et la réunification sont apparues comme l’aboutissement d’une longue lutte et d’une longue espérance de la part de la population camerounaise.
  6. Ces moments sont suivis par deux périodes que l’on espérait être le point de départ pour la prospérité du pays: a) 1958 et l’ascension de Ahmadou Ahidjo à la magistrature suprême; b) 6 novembre 1982, Paul Biya a introduit l’idéologie de «l’intégration nationale», en prolongement à celle de «l’unité nationale» de son prédécesseur.

La première révolution au Cameroun est née de l’idée de la possibilité pour la population de recouvrer sa liberté d’antan, perdue du fait de l’invasion coloniale. Cette révolution a débouché, tout naturellement, sur la revendication de l’indépendance et le départ des Blancs. Il s’agit là, de LA RÉVOLUTION 1.0 !

Dr. Charles Ateba Eyene a initié une nouvelle RÉVOLUTION. Il réveille la jeunesse camerounaise en réussissant là où tout le peuple a échoué : dénoncer et faire trembler un système corrompu, déviant et individualiste de l’ère Biya.

L’élément déterminant de la « Révolution Charles Ateba Eyene » démontrant l’absence de JUSTICE ET D’ETHIQUE dans notre pays, est la profondeur du fossé qui sépare d’une part, le caractère très alarmant de la demande sociale dans le sens large du terme, aussi bien dans ses exigences relatives à l’accès aux services sociaux de base tels que l’éducation, la sante, l’eau, l’électricité, en passant par l’emploi des jeunes, ainsi que sa demande démocratique pour la liberté d’expression et d’autre part, l’épaisseur de l’archaïsme politique, doublé de l’extrême immoralité de l’exercice du pouvoir par la corruption et la mafia organisée.

À travers sa démarche et son courage, Charles Ateba Eyene a pu mettre en évidence l’existence d’un réel fossé générationnel dans notre pays entre les moins de quarante-cinq ans et ceux de plus de soixante ans sans oublier au milieu, une sorte de no man’s land. Cette réalité nous oblige à admettre que nous aurons besoin d’un grand travail de soudure intergénérationnelle et que nous allons devoir nous parler franchement afin de recréer ensemble un espace commun où il fait bon de vivre ensemble, si l’on ne souhaite pas que le tissu social se fissure davantage avec des conséquences désastreuses pour toute une nation qui aspire à la prospérité.

Charles Ateba Eyene laisse à la jeunesse camerounaise un héritage dont chacun d’entre-nous aura le devoir de s’approprier et de contextualiser afin de faire face aux grands défis et enjeux de demain.

Va en paix Charles et vive ta RÉVOLUTION 2.0 ! « L’homme illustre a pour tombeau la terre entière », Périclès, 430 avant Jésus-Christ.