Espace, année zéro !

Aside

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L’ancien astronaute américain Neil Armstrong, le premier homme à avoir marché sur la Lune en 1969, est mort ce samedi 25 août 2012 à l’âge de 82 ans. En tant que commandant de la mission Apollo 11, Armstrong à fouler le sol lunaire, le 20 juillet 1969. « C’est un petit pas pour un homme mais un pas de géant pour l’humanité », avait-il alors déclaré.

Embarqués à bord de la navette Apollo 11, Neil Armstrong et son co-équipier Buzz Aldrin avaient marché sur la Lune le 20 juillet 1969, sous les yeux admiratifs de 500 millions de téléspectateurs. Le troisième membre de l’équipage Michael Collins était resté dans le module de commande resté en orbite autour de la Lune.

La vie de Neil Armstrong : Une leçon de leadership, de modestie et d’humilité.

Que retient-on de Neil ? Trois choses à mon avis: leadership, modestie et humilité.

Neil a commencé sa carrière à la Nasa, l’agence spatiale américaine, en 1955. Le jeune Armstrong est fasciné dès son enfance par les avions. Il prend des cours de pilotage à 15 ans et obtient son brevet de pilote un an plus tard. Il devient ensuite pilote de l’aéronavale et effectue 78 missions pendant la guerre de Corée. Armstrong étudie aussi l’ingénierie aéronautique à l’université de Purdue (Indiana, Nord) et obtient une maîtrise dans cette même discipline à l’université de Californie du Sud.

En 1955, il devient pilote d’essai et vole sur 50 différents types d’avion. Sept ans après, il est sélectionné par la Nasa, pour devenir astronaute. En septembre 1966, il effectue un vol avec David Scott pour la mission Gemini 8. Le vaisseau s’amarre à un autre véhicule non habité, réalisant le premier amarrage orbital de deux modules spatiaux. Puis ce sera la mission Apollo 11 et l’entrée de Neil Armstrong dans l’Histoire.

Voilà donc un génie qui a tout réussi dans sa vie, était premier dans tout, le héros de l’un des plus grands exploits du XXe siècle et l’auteur d’une des plus célèbres citations, mais qui a peu parlé en public, fuyant micros et caméras, et vivait depuis des dizaines d’années dans une ferme reculée de l’Ohio (Nord).

Les leaders les plus efficaces ne sont pas les plus prétentieux ; ils sont incroyablement modestes et humbles. Le leadership de Neil Armstrong est transformationnel et charismatique car décrit comme étant inspirant, stimulant intellectuellement, mobilisateur, visionnaire, orientévers le perfectionnement et déterminé à maximiser le rendement. Dans son ouvrage intitulé Good to Great, Jim Collins a découvert deux qualités propres aux leaders : 1) la volonté de toujours vouloir atteindre un bon rendement, 2) faire preuve d’humilité. L’humilité est l’une des clés d’un solide leadership. Au-delà de ses capacités d’astronaute et d’homme de courage, Neil Armstrong nous lègue les valeurs de leadership, de modestie, et d’humilité.

Bye bye Neil, Long life Neil

 Barack Obama vient de déclarer que Neil était parmi les plus grands héros américains, pas seulement de l’époque actuelle, mais de tous les temps. Et il a raison : Neil est devenu une icône de l’odyssée de l’espace et un modèle pour nous tous et pour tous les astronautes du monde entier.

La mort de Neil, né le 5 août 1930 à Wapakoneta, dans l’Ohio signe ainsi la fin d’une longue épopée de l’espace et le début d’une autre ère, celle, tous les scientifiques l’espèrent, de la conquête de Mars, la planète rouge, et bien au-delà, de cet univers en perpétuelle expansion.

L’astronomie, ccette science de l’observation des astres,, n’est encore qu’à ses débuts malgré toutes les prouesses réalisées dans le passé par ces braves et courageux gentlemen. Parce qu’ «il n’y avait pas de poussière», comme l’a dit Neil, une autre collecte d’échantillons de roches pourra peut-être révéler des choses extraordinaires sur la Lune, l’univers et le cosmos encore inconnues des «poussières d’étoiles» que nous sommes comme le dit le célèbre astrophysicien Hubert Reeves.

Dans les calculs d’éphémérides en astronomie, l’année zéro est celle qui précède immédiatement la première année de l’ère commune. Les historiens passent de l’an -1 (première année avant la naissance supposée du Christ), à l’an +1 (année suivant la naissance supposée du Christ), dans les calendriers occidentaux. 2009 a été proclamée par l’UNESCO l’année mondiale de l’astronomie. Son but était d’inviter tous les citoyens de la Terre à la découverte des beautés du cosmos, à la réflexion sur notre place dans l’univers sur l’importance de l’astronomie pour la culture scientifique et le progrès économique et social dans le monde. La mort de Neil Armstrong ce samedi 25 août 2012 nous interpelle tout autant et constitue définitivement l’année zéro pour la conquête de l’espace.

Neil fera donc partie de toutes les missions, habitées ou non, petites ou grandes, pour guider les pas de ses « followers » qui rêvent tous de marcher sur ses pas légendaires. Il sera là pour les aider à faire du bon boulot. Car pour le modeste Neil, « ils n’avaient pas fait sur la Lune un bon boulot de collecte des échantillons de roches par manque de temps ! »

Pour finir cette note, je veux respecter les conseils de la famille de Neil Armstrong : «A tous ceux qui pourraient se demander comment lui rendre hommage, nous avons une simple requête. Honorez son exemple de service, de réussite et de modestie et la prochaine fois que vous marchez un soir de nuit claire et que vous voyez la Lune, souriez en vous-même, pensez à Neil Armstrong et faites-lui un clin d’œil».

Bravo l’artiste ! Chapeau Monsieur Armstrong !

La Note de CABAC : La diaspora camerounaise comme source de financement du développement du pays !

Aside

La diaspora africaine se classe au premier rang des acteurs (bilatéraux et multilatéraux étatiques confondus) de l’aide publique au développement (APD) avec entre 50 et 100 milliards de dollars américains rapatriés par an de l’Occident vers l’Afrique. On remarque  que le niveau de l’APD, ainsi que les investissements publics étrangers, pèsent à peu près la même chose (sinon moins pour beaucoup de pays) que les envois de fonds par la diaspora. Une étude conduite par la Banque africaine de développement (BAD) sur les flux internationaux d’envois de fonds des migrants dans les pays africains (2007-2010)[1], estime en moyenne à 6,584 millions $EU les fonds envoyés au Maroc, à 1,230 millions $EU ceux transférés au Sénégal, à 353 millions $EU ceux envoyés au Mali, et à 11,75 millions $EU ceux envoyés aux Comores. Pour mesurer l’importance de ces transferts, il faut savoir qu’ils pèsent, pour le Maroc, 9 % du produit intérieur brut (PIB) du pays. Ces pourcentages sont respectivement de 9,4 % du PIB du Sénégal, de 4,3 % du PIB du Mali, et de 2,1 % du PIB des Comores.

Le Cas du Cameroun

Les données de la Banque Mondiale[2] indiquent 279,2 milliers d’émigrants en 2010, ce qui représente un pourcentage de 1,4%  de la population camerounaise. Les principaux pays de destination sont les suivants: France, Tchad, Gabon, États-Unis, Nigéria, Allemagne, Italie, République centrafricaine, Espagne, Royaume-Uni. En 2000, le taux d’émigration des diplômés du supérieur était de 17,2% et celui des médecins variait entre 106 et 845 (soit entre 8,0% et 45,6% des médecins formés dans le pays). La même année, l’émigration du personnel infirmier était de 1163 soit 18, 9% du personnel infirmier formé dans le pays.

Le montant des envois de fonds déclarés que reçoit le Cameroun de sa diaspora est estimé à 130, 167, 162, 148, et 148 millions de dollars en 2006, 2007, 2008 2009 et 2010 respectivement[3]. Ces chiffres sont nettement supérieurs au montant des flux de l’aide publique au développement. Ce montant représente plus de 0,7 % du PIB du Cameroun comme indiqué plus haut. Même s’il est nécessaire d’avoir une analyse approfondie sur ce sujet, ces flux ont démontré plus de résilience que les flux de la dette privée et des investissements en portefeuille ainsi que ceux des investissements directs étrangers.

Que faire ?

Si le Cameroun bénéficie d’importants transferts financiers de sa diaspora, pourquoi celle-ci ne participerait-elle pas à l’élaboration des stratégies de développement du pays ? L’influence financière substantielle de la diaspora camerounaise doit orienter l’élaboration de nouveaux modèles de développement du continent différents de ceux édictés par les Occidentaux et mis en place par les institutions de Bretton Woods. D’ailleurs, il semblerait que les envois de fonds de la diaspora soient plus stables que les autres flux de capitaux, et le transfert de fonds aux ménages a un effet multiplicateur, ce qui jette les bases d’une lutte efficace contre la pauvreté.

Dans un ouvrage publié en 2009 et intitulé Dead Aid, la zambienne Dambisa Moyo, économiste chez Goldman Sachs, affirma que l’APD est en fait nuisible au développement du continent. Plusieurs spécialistes africains[4] ont soutenu l’idée que les économies des pays africains sont nettement plus dépendantes du prix des matières premières et des rapatriements d’argent par leurs diasporas, et moins des investissements directs étrangers dans ces pays, dénonçant ainsi implicitement ou explicitement les initiatives non abouties des politiques de coopération et d’APD en Afrique. La déclaration de Paris[5] a tenté de recadrer l’APD, en exigeant les conditions d’une plus grande appropriation des pays bénéficiaires. Cependant, la mise en œuvre de cette déclaration reste confrontée aux aléas géopolitiques des pays donateurs et à la mauvaise gouvernance de pays bénéficiaires.

CABAC propose que s’engage, de façon urgente, une réflexion qui prenne en compte les apports potentiels de la diaspora camerounaise dans le développement du pays. Il s’agit de proposer des approches se déclinant comme des initiatives pilotées par le Gouvernement camerounais et fondées sur des objectifs partagés entre ce même gouvernement et la diaspora, tout en étant sous-tendues par une batterie exhaustive de politiques, de structures administratives et de mesures incitatives visant à mettre en place un environnement propice à la mobilisation des ressources de la diaspora autour des piliers de croissance critiques.

A propos de CABAC :

L’idée de CABAC, dont la vocation est de penser, est de participer efficacement à l’élaboration de concepts, de doctrines, de stratégies et de politiques dans de nombreux domaines visant le développement du Cameroun. Comme tout think tank, CABAC a également une fonction essentielle de prospective qui consiste à identifier, suffisamment en amont et à l’avance, les nouveaux défis d’importance auxquels le Cameroun risque d’être confronté dans le futur et de les porter à la connaissance des réseaux de décisions politiques avec des principes de solution.

 


[1] Le rôle de la diaspora dans la construction de la nation : Leçons à attirer par les Etats fragiles et les Etats sortant de conflits en Afrique préparé par l’Unité des Etats fragiles (OSLU), Vice-présidence Opérations II – Opérations sectorielles de la BAD

[2] Le Recueil de statistiques 2011 sur les migrations et les envois de fonds réalisé par Dilip Ratha, Sanket Mohapatra et Ani Silwal de la Banque mondiale.

[3] Op. cit.

[4] On peut citer par exemple l’ouvrage du Docteur Abdoulaye Niang, ancien fonctionnaire auprès de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique, intitulé « Towards a viable and credible development in Africa » dans lequel l’auteur dénonce les effets pervers de l’aide publique au développement.

[5] La Déclaration de Paris, approuvée le 2 mars 2005, est un accord international auquel une centaine de ministres, de responsables d’organismes d’aide et d’autres hauts fonctionnaires ont adhéré en s’engageant à ce que les pays et organismes qu’ils représentent accentuent les efforts d’harmonisation, d’alignement et de gestion axée sur les résultats de l’aide, moyennant des actions se prêtant à un suivi et le recours à un ensemble d’indicateurs.