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Declaration du Dr. Alain Nkoyock sur la crise socio-politique au Cameroun

NOUS N’AVONS QU’UN SEUL PAYS, LE CAMEROUN !

Au moment où s’ouvre un autre « procès du siècle » dans notre pays après celui des leaders anglophones récemment condamnés à perpétuité, je voudrais qu’on se rappelle tous que nous n’avons qu’un seul pays que nous sommes en train de détruire fatalement depuis des années.

Evidemment, la dégradation de la situation incombe au pouvoir en place qui a la lourde responsabilité de la gestion de la « Cité » et qui devrait aujourd’hui suivre les conseils proposés par les acteurs nationaux et partenaires internationaux depuis quelque temps.

Le procès contre le Professeur Maurice Kamto et ses compagnons politiques qui s’ouvre aujourd’hui est une étape importante dans la gestion du contentieux électoral de l’élection du 07 octobre dernier. Je l’avais dit avant, cette élection ne devrait jamais être organisée car ne constituant pas un élément politique et/ou stratégique dans le processus de résolution urgente de la crise anglophone (notre problème actuel de l’heure !). Mais, je reste sensible à l’argument selon lequel que c’est le seul moyen efficace de pousser le pouvoir de Yaoundé à accepter la mise en place des conditions d’une transition politique apaisée dans notre pays, étant entendu que celle-ci devient de plus en plus impérative.

Mais, l’urgence est du côté du NOSO !

En effet, depuis quatre (4) ans nos enfants dans cette région du pays de vont pas à l’école parce que leurs parents se plaignent de la place insignifiante que la République leur accorde depuis 1961 ! Cette injustice décriée devrait être gérée de manière qu’ils se sentent considérés, aimés, et intégrés par la République.

Au lieu de cela, les plus vulnérables sont poussés à l’exil et/ou dans la brousse dans les conditions totalement abjectes pour notre pays et les plus téméraires jetés en prison. Conséquence : les délinquants et les fous (soi-disant luttant pour la cause séparatiste) pillent, tuent, décapitent, violent bébés, enfants, femmes, et vieillards…sous nos yeux !

Comment voulons-nous continuer à empiler une injustice sur une autre ?

Comme on le voit autour de nous, cette « stratification nationale des injustices » crée le chaos, qu’évidemment on ne veut pas dans notre pays et très nuisible dans une sous-région déjà considérablement en retard, à tous points de vue, et exposée à l’islamisme radical.

A l’évidence, la justice militaire n’est pas la solution a nos problèmes de l’heure !

Au contraire, il faut :

  1. Libérer immédiatement et sans conditions tous les prisonniers politiques (anglophones et francophones) ;
  2. Discuter et mettre en place rapidement et progressivement une fédération à plusieurs états non seulement pour résoudre immédiatement la crise anglophone, mais aussi et de façon stratégique amorcer un développement national dans un pays fédéral dépouillé des chaînes et accords coloniaux et néocoloniaux ;
  3. Mettre en place un programme post-conflit (PPC) au NOSO ;
  4. Mettre en place les conditions de la reprise de l’école dans cette zone sinistrée ;
  5. Mettre en place une plateforme de dialogue pour une transition démocratique apaisée au Cameroun.

J’exhorte donc les pouvoirs publics à apporter le calme dans notre paysage socio-politique en se concentrant uniquement à l’essentiel qui, de mon humble point de vue, se décline à travers les cinq décisions et programmes susmentionnés.

Dr. Alain Nkoyock, Jakarta (Indonésie), le 06 septembre 2019.